Version française / Membres de l'ESNA / doctorants
M. Christophe LUCQUIN
Doctorant / Doctorante
Coordonnées
Discipline(s)
Histoire moderne
Thèmes de recherche
Sujet de thèse
Sodome en terre lointaine : distance, circulations et traces du péché contre nature en Nouvelle-Espagne, 1521-1821 (1ère inscription, septembre 2023)
Sous la direction d'Arnaud Exbalin (Université Paris Nanterre / ESNA-Mondes Américains).
Résumé
Au XVIIIe siècle, la Nouvelle-Espagne, vice-royauté s'étendant du sud des États-Unis actuels au Costa Rica, était un espace multiculturel de 7 657 000 km² (15 fois l'Espagne métropolitaine) où cohabitaient Européens, Autochtones, Africains et métis. Cette disproportion posait des défis majeurs de gouvernance et de contrôle moral. Dans ce contexte, l'Église catholique jouait un rôle central dans la régulation des comportements sexuels déviants, dont la sodomie, ou pecado nefando.
Ce projet de thèse, prolongeant mon mémoire sur le pecado nefando des prêtres-confesseurs, porte sur la régulation des sodomies cléricales et laïques du XVIe au XVIIIe siècle, jusqu'à l'indépendance du Mexique en 1821. Dès 1521, la Nouvelle-Espagne est perçue comme un
espace de liberté relative : en 1552, le franciscain Ángel de Valencia dénonce à Charles Quint des prêtres fuyant aux Indes déguisés en laïcs ou marchands, souvent suspendus ou apostats, tandis que l'archevêque Montúfar rapporte qu'ils traversaient le golfe parce qu' "ici, ils étaient libres". La distance géographique attirait ainsi ceux qui voulaient échapper à la surveillance.
En m'appuyant sur les travaux sur la répression de la sodomie dans la péninsule et le rôle de Séville dans la diffusion des normes catholiques, je privilégie non pas une approche comparatiste, mais les dynamiques locales : autonomie des institutions et variations régionales. En croisant genre (activité/passivité), race (Espagnols, Indiens, mulâtres) et statut social (clercs, esclaves, élites), à travers la colonialité du genre de María Lugones, ce travail adopte une approche subalterniste pour révéler les mécanismes de pouvoir et faire entendre les voix marginalisées.
Comment ces sodomies ont-elles été régulées et que révèlent-elles des dynamiques locales de pouvoir, de genre, de race et de moralité, entre tolérance liée à la distance et normes imposées par l'Inquisition et la justice civile ?
Sodome en terre lointaine : distance, circulations et traces du péché contre nature en Nouvelle-Espagne, 1521-1821 (1ère inscription, septembre 2023)
Sous la direction d'Arnaud Exbalin (Université Paris Nanterre / ESNA-Mondes Américains).
Résumé
Au XVIIIe siècle, la Nouvelle-Espagne, vice-royauté s'étendant du sud des États-Unis actuels au Costa Rica, était un espace multiculturel de 7 657 000 km² (15 fois l'Espagne métropolitaine) où cohabitaient Européens, Autochtones, Africains et métis. Cette disproportion posait des défis majeurs de gouvernance et de contrôle moral. Dans ce contexte, l'Église catholique jouait un rôle central dans la régulation des comportements sexuels déviants, dont la sodomie, ou pecado nefando.
Ce projet de thèse, prolongeant mon mémoire sur le pecado nefando des prêtres-confesseurs, porte sur la régulation des sodomies cléricales et laïques du XVIe au XVIIIe siècle, jusqu'à l'indépendance du Mexique en 1821. Dès 1521, la Nouvelle-Espagne est perçue comme un
espace de liberté relative : en 1552, le franciscain Ángel de Valencia dénonce à Charles Quint des prêtres fuyant aux Indes déguisés en laïcs ou marchands, souvent suspendus ou apostats, tandis que l'archevêque Montúfar rapporte qu'ils traversaient le golfe parce qu' "ici, ils étaient libres". La distance géographique attirait ainsi ceux qui voulaient échapper à la surveillance.
En m'appuyant sur les travaux sur la répression de la sodomie dans la péninsule et le rôle de Séville dans la diffusion des normes catholiques, je privilégie non pas une approche comparatiste, mais les dynamiques locales : autonomie des institutions et variations régionales. En croisant genre (activité/passivité), race (Espagnols, Indiens, mulâtres) et statut social (clercs, esclaves, élites), à travers la colonialité du genre de María Lugones, ce travail adopte une approche subalterniste pour révéler les mécanismes de pouvoir et faire entendre les voix marginalisées.
Comment ces sodomies ont-elles été régulées et que révèlent-elles des dynamiques locales de pouvoir, de genre, de race et de moralité, entre tolérance liée à la distance et normes imposées par l'Inquisition et la justice civile ?
Mis à jour le 15 septembre 2026
Coordonnées
Département d'Histoire, Université Paris Nanterre, 200 Av. de la République, 92000 Nanterre, France
Affiliations scientifiques
Membre de Mondes Américains